23 / 10 / 2007 07h00

/R E P R I S E/ - La santé mentale des parents : l'impact sur les enfants

MONTRÉAL, le 22 oct. /CNW/ -- MONTRÉAL, le 22 oct. /CNW Telbec/ - Le Directeur de la protection de la jeunesse du Centre jeunesse de Montréal - Institut universitaire, monsieur Jean-Marc Potvin, a rendu public cette semaine son bilan annuel, reflétant ainsi l'ensemble de ses activités pour 2006-2007, sur l'île de Montréal.

Cette année, il attire l'attention sur une problématique majeure qui interpelle de plus en plus souvent l'équipe de la DPJ : la santé mentale des parents et des jeunes. En effet, plusieurs liens ont été établis entre l'état de la santé mentale des parents et la qualité des soins prodigués aux enfants, voire, la maltraitance. Cette maltraitance qui, à son tour, peut engendrer des problèmes de santé mentale aux enfants qui en sont victimes. Comment briser ce cercle vicieux ?

La maltraitance vécue en très bas âge (abus sexuel, abus physique, violence familiale, négligence) et même au moment de la grossesse (consommation d'alcool, de drogue, malnutrition, etc.) joue un rôle considérable sur le niveau d'adaptation à l'adolescence et sur la présence d'une bonne ou mauvaise santé mentale à l'âge adulte. Selon Chamberland et al. (2007), il existerait des liens entre le fait de subir des mauvais traitements et le développement de divers troubles mentaux à l'âge adulte. Être victime de maltraitance serait donc un déterminant de la santé mentale.

D'autre part, des recherches réalisées au Québec à partir d'étude de dossiers d'enfants faisant l'objet d'un signalement révèlent qu'entre 16 et 24% des enfants ont un parent atteint de trouble mental (Boily et al. 2006). Les impacts possibles des problèmes de santé mentale du parent sur l'exercice de son rôle parental sous l'angle de la sécurité et du développement de l'enfant constituent une question d'importance pour le DPJ. Le premier défi réside dans l'évaluation des capacités parentales du parent aux prises avec un problème de santé mentale ou atteint d'un trouble mental. Le second se situe dans la mise en place d'une intervention concertée tenant compte à la fois des besoins de l'enfant ainsi que des besoins du parent lorsque son état de santé mentale nuit à l'exercice de son rôle parental.

Parmi les parents des enfants en besoin de protection qui présentent un problème de santé mentale, nombreuses sont les mères qui souffrent d'un trouble de personnalité limite (TPL). Dans une récente enquête réalisée au Centre jeunesse de Montréal auprès des parents reconnus comme ayant un trouble mental, 50% des mères et 32% des pères ont été identifiés comme ayant un trouble ou trait de personnalité limite. Ces parents peuvent avoir de grandes difficultés à prendre soin adéquatement de leurs enfants. L'intervention auprès de ces parents demeure un défi de taille.

Selon monsieur Jean-Marc Potvin : "Les services de psychiatrie adulte, compte tenu notamment des nouvelles dispositions de la Loi sur la protection de la jeunesse sur les délais limitant les durées de placement des enfants, doivent se sentir interpellés. Leur contribution à la mise en place des mesures de soutien aux parents et des mesures de protection des enfants est nécessaire".

Le Bilan du DPJ fait aussi état des données qui traduisent l'évolution du nombre de signalements reçus et retenus à Montréal ainsi que les différents services qui ont été dispensés aux familles. On y apprend que la négligence demeure le principal motif de signalement, plus spécifiquement chez les enfants de 0 à 11 ans. Cette situation inquiète car trop souvent la négligence est étroitement liée aux problèmes de santé mentale, de pauvreté et de toxicomanie. Cette détresse sociale des familles ne peut qu'engendrer une dégradation des conditions de vie de nos enfants et nuire à leur développement physique et psychologique.

Le bilan ne peut passer sous silence l'entrée en vigueur des modifications de la Loi de la Protection de la jeunesse notamment, l'importance de la stabilité des enfants. Bien que la majorité des jeunes et enfants suivis par la DPJ demeure dans leur famille, plusieurs connaissent des déplacements entre leur famille et d'autres milieux d'accueil. La durée des placements est maintenant limitée, et un projet de vie stable devra être élaboré au terme du placement. Ceci nous amène à tout mettre en ?uvre rapidement pour aider et soutenir les parents afin qu'ils puissent assumer leur rôle adéquatement auprès de leurs enfants.

Plusieurs défis de taille attendent l'équipe de la DPJ pour la prochaine année. Nous voulons les relever avec nos partenaires afin d'améliorer collectivement le bien-être des enfants, jeunes et leur famille !

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