22 / 10 / 2007 15h15

Une nouvelle étude se penche sur les chirurgiens en manque de sommeil

QUÉBEC, le 22 oct. /CNW/ -- QUÉBEC, le 22 oct. /CNW Telbec/ - Une mauvaise nuit de sommeil peut-elle nuire à la qualité des interventions pratiquées par les chirurgiens cardiaques? Retrouve-t-on un écart entre la performance des chirurgiens qui dorment sept heures par nuit et celle de leurs collègues aux nuits plus courtes?

Les réponses à ces questions ont été présentées aujourd'hui devant le Congrès canadien de santé cardiovasculaire 2007, organisé conjointement par la Fondation des maladies du c?ur et la Société canadienne de cardiologie, dans le cadre d'un article scientifique rédigé par le chirurgien cardiaque, le Dr Michael Chu.

Les résultats des recherches du Dr Chu et de ses collègues sur les habitudes de sommeil des chirurgiens cardiaques permettent aux patients de partout de respirer plus librement.

"Notre étude ne montre aucun indice qui permettre de croire que la durée du sommeil des chirurgiens cardiaques ait un impact négatif sur le sort des patients, ni pendant, ni après la chirurgie", dit le Dr Chu.

Dr George Honos, porte-parole de la Fondation des maladies du c?ur, nous déclare : "Les chirurgiens cardiaques ressentent beaucoup de pression, comme bien d'autres spécialistes en cardiologie. Cette étude est une contribution valable à la question qui se pose depuis longtemps au sujet du manque de sommeil chez les professionnels de la médecine."

Dans le cadre de l'étude du Dr Chu, les chirurgiens devaient indiquer le nombre d'heures de sommeil qu'ils avaient eues au cours de la nuit précédant leur travail au bloc opératoire.

"Les spécialistes du sommeil affirment que la plupart des gens sont en manque de sommeil s'ils dorment moins de six à sept heures par nuit. Nous nous sommes donc penchés sur deux groupes : ceux qui avaient dormi moins de six heures la nuit précédente et ceux qui avaient dormi six heures ou plus", explique le Dr Chu. L'étude en question a été effectuée à l'Université Western Ontario entre janvier 2004 et mars 2007.

Les résultats des chirurgies pratiquées sur 1 892 patients consécutifs, qui consistaient soit en un pontage coronarien, un remplacement de valvule, un pontage, un remplacement de valvule simultané et une chirurgie de l'aorte, ont été mis en corrélation avec le nombre d'heures de sommeil déclaré par les chirurgiens.

Parmi les résultats auxquels les chercheurs s'intéressaient on retrouvait les décès ou l'une des dix autres complications importantes pouvant survenir au cours d'une chirurgie cardiaque : complications neurologiques, faible capacité de pompage du c?ur, arrêt cardiaque, arythmies, insuffisance rénale, infections, besoin d'opérer de nouveau, hémorragies graves, insuffisance pulmonaire et crise cardiaque en cours d'intervention.

"Nous avons découvert, au cours de notre étude, que les chirurgiens privés de sommeil s'exécutaient avec le même niveau d'habileté et obtenaient de tout aussi bons résultats que ceux qui avaient eu droit à davantage d'heures de sommeil. En examinant les résultats d'un groupe de patients à risque particulièrement élevé, encore une fois, aucune différence n'a pu être constatée. C'était à la fois une bonne nouvelle pour nous et pour nos patients", affirme le Dr Chu.

Dr Chu suppose que, si un chirurgien, pour une raison quelconque, ne performe pas à 100 %, les autres membres de l'équipe chirurgicale jouent un rôle important et peuvent certainement compenser. "La chirurgie est un véritable travail d'équipe, déclare-t-il. Nous n'avons étudié que les chirurgiens, mais le reste de l'équipe, comme les anesthésistes, les spécialistes des soins intensifs, les résidents, les assistants du chirurgien, les infirmières et les autres professionnels de la santé jouent un rôle primordial au sein de l'équipe."

Le travail d'équipe qui permet de toujours assurer les meilleurs résultats aux patients pourrait faire l'objet d'une prochaine étude du Dr Chu.

Les déclarations et conclusions sont uniquement celles des auteurs de cette étude et ne reflètent en aucune façon la politique ou la position de la Fondation. La Fondation des maladies du c?ur du Canada ne fait aucune représentation et ne garantit ni leur exactitude, ni leur fiabilité.

Organisme bénévole de bienfaisance en santé, la Fondation des maladies du c?ur (www.fmcoeur.ca) mène la lutte vers l'élimination des maladies du c?ur et des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et la réduction de leur impact, en contribuant activement à l'avancement de la recherche et sa mise en application, la promotion de modes de vie sains, et la représentation auprès des instances responsables des politiques de santé.

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