27 / 02 / 2007 12h49

Campagne électorale - Les engagements en santé doivent viser les infirmières selon l'OIIQ

MONTRÉAL, le 27 fév. /CNW/ -- MONTRÉAL, le 27 fév. /CNW Telbec/ - Dans le contexte de la campagne électorale, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) interpelle vivement les différents partis politiques du Québec pour qu'ils précisent leurs engagements en santé. L'OIIQ est d'avis que le Québec prend trop de retard pour introduire les infirmières praticiennes afin d'améliorer l'accès aux services de première ligne et tarde également à proposer des solution nouvelles pour contrer la pénurie d'infirmières.

Les infirmières praticiennes de première ligne, un moyen d'accroître

l'accès

"Les médecins de famille doivent pouvoir compter sur la collaboration d'infirmières praticiennes de première ligne si l'on veut améliorer substantiellement l'accès aux services de santé", a souligné la présidente de l'Ordre, Gyslaine Desrosiers. Rappelons que 25% des Québécois n'ont pas de médecins de famille, soit près de 2 millions de citoyens. Ce nouveau modèle de collaboration médecins-infirmières assurera un meilleur suivi des personnes atteintes de maladies chronique par ces infirmières et permettra aux médecins d'accueillir plus de patients dans un contexte de manque criant de médecins de famille.

Pour arriver à cette fin, il est primordial que le prochain gouvernement du Québec déploie un plan d'effectifs spécifique pour les infirmières praticiennes de première ligne. Le gouvernement doit garantir un nombre de postes et en assurer le financement, accorder les sommes requises aux universités qui désirent développer ce programme de formation et soutenir financièrement les infirmières qui souhaitent emprunter cette voie. En dehors de ces conditions, il sera impossible d'implanter le rôle d'infirmières praticiennes de première ligne au Québec.

Au Québec, le règlement concernant la création de ce nouveau rôle de l'infirmière praticienne de première ligne sera en vigueur à la fin du mois de mars, mais les universités attendent encore le financement du gouvernement québécois pour offrir la formation requise. En Ontario, on compte présentement plus de 650 infirmières praticiennes de première ligne grâce à un investissement financier de 44 millions de dollars par année et au développement d'un plan d'effectifs à cet égard.

La pénurie d'infirmières exige de nouvelles solutions

Outre les infirmières praticiennes de première ligne, la présidente de l'OIIQ indique également l'urgence de développer des plans d'effectifs infirmiers dans des domaines cliniques qui connaissent de graves problèmes de fonctionnement présentement comme dans les salles d'opération, aux soins intensifs, dans les urgences et dans le domaine de la prévention des infections.

Ces domaines cliniques de plus en plus spécialisés commandent des formations adéquates qui ne sont pas toujours offertes aux infirmières oeuvrant dans ces secteurs de soins. Le travail en soins critiques, par exemple, compte un grand nombre de jeunes (26,1 % sont âgées entre 19 et 29 ans); le mouvement de personnel et le nombre limité de personnel rend leur encadrement difficile. Plusieurs jeunes qui travaillent dans ce secteur considèrent que leurs responsabilités sont lourdes compte tenu du peu d'encadrement et de formation qu'ils reçoivent. Par ailleurs, un grand nombre d'infirmières âgées de plus de 50 ans (41,6 % des effectifs) oeuvrent dans le domaine des soins opératoires. Il faut donc rapidement préparer des infirmières pour la relève, sans quoi, des opérations risquent d'être annulées faute d'infirmières.

La pénurie des infirmières est donc multiple. Cette situation se poursuivra tant que la planification ne tiendra pas compte des besoins reliés aux différents secteurs cliniques et des formations requises pour y exercer. "La solution des heures supplémentaires obligatoires imposée aux infirmières ne peut plus être la seule solution à ce problème", a souligné Gyslaine Desrosiers en rappelant que les heures supplémentaires effectuées par les infirmières ont augmenté, en moyenne, de 17,4 % par année au cours des dix dernières années.

"Il est plus qu'urgent de se doter d'un plan comprenant des mesures concrètes et diversifiées. Un plan d'effectifs des infirmières praticiennes pour assurer l'accès aux soins, des mesures concrètes pour contrer les pénuries infirmières et le financement des programmes de formation universitaire sont les mesures que devra mettre en place le prochain gouvernement si on veut que les infirmières contribuent à l'amélioration du système de santé au Québec", a conclu la présidente de l'OIIQ, Gyslaine Desrosiers.

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