17 / 11 / 2006 13h30
Moyens de pression des médecins spécialistes - Où est le leadership ? Qui a à c?ur la formation de la relève médicale ?
MONTRÉAL, le 17 nov. /CNW/ -- MONTRÉAL, le 17 nov. /CNW Telbec/ - "Depuis le début du conflit entre les médecins spécialistes et le gouvernement, aucun de ceux que nous avons sollicités, afin qu'ils interviennent pour assurer la qualité de la formation des externes et des médecins résidents, ne se sont manifestés publiquement, a déclaré le Dr Martin Bernier, président de la Fédération des médecins résidents du Québec, au moment de la tenue d'une assemblée générale des médecins résidents rattachés à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal. C'est un manque flagrant de leadership de leur part qui nous inquiète, a-t-il poursuivi, non seulement parce qu'il pourrait entraîner une prolongation de notre formation, mais parce qu'il retarderait d'autant l'entrée en pratique de certains de nos collègues, dans un contexte de pénurie de médecins."
Le président de l'Association des médecins résidents de Montréal (AMRM), le Dr Antoine Delage, a fait valoir pour sa part les difficultés que rencontrent ses quelque 800 membres depuis le début du conflit : annulation de cours, de pratiques d'examens et d'entrevues pour des postes, exclusion des étudiants en médecine (externes) et de résidents en médecine familiale des stages de spécialité et ralentissement de l'enseignement clinique. "La situation est inacceptable, a soutenu le Dr Delage. Les médecins résidents ne savent plus vers qui se tourner. Nous avons cogné à toutes les portes et personne ne semble vouloir s'impliquer pour protéger l'enseignement de la médecine. Et pendant ce temps, le climat se détériore dans plusieurs milieux et c'est la qualité de l'acte qui est compromise".
La situation actuelle est inacceptable selon le président de la Fédération, qui représente près de 2 500 médecins résidents présentement en formation dans plus de cent établissements de santé du Québec. "Nous avons alerté la FSMQ, les facultés de médecine, le Collège des médecins du Québec, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministre lui-même. Il est du mandat de ces organismes et de leurs membres d'intervenir pour garantir une formation qui est maintenant compromise. À qui donc devra-t-on s'adresser pour que le dossier se règle avant que des conséquences irréversibles ne se produisent, a poursuivi le président de la FMRQ.
Le Dr Bernier a réitéré le fait que les médecins résidents appuient les revendications des médecins spécialistes sur le plan salarial, afin que leur contribution au réseau de la santé soit reconnue à sa juste valeur. Toutefois, il est d'avis que les médecins résidents sont ceux qui sont le plus lésés par les mesures qui ont été mises en place par les médecins spécialistes récemment, avec les étudiantes et les étudiants en médecine. "Les médecins résidents ne croient pas qu'il soit judicieux de sacrifier une cohorte de médecins dans le contexte actuel de pénurie d'effectifs médicaux, quelle que soit la raison, a soutenu le Dr Bernier.
Son collègue, le Dr Delage, a tenu à rappeler aux autorités concernées qu'il trouve inacceptable que "les médecins résidents soient coincés entre les facultés, qui sollicitent leur aide pour dispenser de l'enseignement en remplacement des médecins spécialistes, et les médecins spécialistes avec lesquels ils travaillent sur une base quotidienne, qui les supervisent et qui les évaluent durant toute la durée de leur formation."
"La situation a assez duré, souligne le Dr Bernier. Est-ce que quelqu'un va enfin se lever et prendre le leadership pour assurer une formation de qualité à la relève médicale, a-t-il conclu. Au cours des prochains jours, le Dr Bernier sollicitera une rencontre avec le nouveau président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec pour discuter de l'impact des moyens de pression en cours sur les médecins résidents.
La Fédération des médecins résidents du Québec
La Fédération des médecins résidents du Québec regroupe les quatre associations de médecins résidents des facultés de médecine de Montréal, McGill, Sherbrooke et Laval à Québec. Elle compte 2 435 membres, dont 955 se destinent à une pratique en médecine familiale et 1480 poursuivent une formation dans l'une des 35 spécialités reconnues au Québec. De ce nombre, 40 % sont des hommes et 60 %, des femmes. Les médecins résidents dispensent des soins à la population une centaine d'établissements, que ceux-ci soient locaux, régionaux, universitaires, des centres affiliés universitaires ou des instituts universitaires, dans toutes les régions du Québec, en moyenne 72 heures par semaine. La durée de la formation postdoctorale en médecine familiale est de deux ans, celle des médecins spécialistes varie de cinq à sept ans, selon la spécialité choisie.
